Bilan neuro et TDAH adulte, à quoi ça sert vraiment ?

Beaucoup d’adultes arrivent en séance en pensant qu’un bilan va leur “dire s’ils ont un TDAH”. Ce n’est pas précisément son rôle, il reste cependant une bonne démarche pour mieux se comprendre.

Le TDAH ne s'arrête pas à l'enfance.

Tout d’abord, il est bon de savoir que ce Trouble Neuro Développental (TND) concerne environ 2,5% des adultes contre 5,9 % des jeunes. Il persiste donc dans deux tiers des cas. Parce que nous parlons ici du fonctionnement cérébral, et donc de quelque chose de flexible. Il s’exprime de façon différente lors de l’enfance, en fonction du contexte, des apprentissages et des événements de vie. L’entrée vers la démarche diagnostique se fait souvent via les souffrances que ce trouble engendre : Anxiété, trouble de l’humeur (gestion des émotions), du sommeil, addictions, difficultés sociales. Ces difficultés peuvent s’atténuer avec le temps et les stratégies de régulations mise en place. Ou alors s’aggraver et prendre de plus en plus de place vers l’âge adulte, si bien que ces troubles associés masquent le déficit attentionnel à l’origine.

Qui pose le diagnostic de TDAH chez l'adulte ?

En France, le diagnostic est posé par un médecin (psychiatre ou neurologue). Le neuropsychologue l’aide au diagnostique. Par manque de temps ou justement la pertinence d’un bilan neuropsychologique, celui ci travers de concert avec le médecin. Le diagnostique se fait avant tout sur des données clinique, c’est à dire l’entretien avec le patient et sa description des difficulté et leurs temporalité. Un test isolé, qu’il soit cognitif ou biologique ne peut donc pas poser de diagnostic à lui seul. C’est pour cela qu’il est commun que l’école, le médecin ou le psychiatre (ou neurologue) oriente d’abord vers un neuropsychologue pour la passation d’une anamnèse (histoire de vie) ainsi qu’un bilan cognitif. Ce processus permet alors de mettre en contexte les données chiffrées avec le vécu du patient depuis son enfance.

Alors à quoi sert le bilan ?

Le rôle du bilan chez le neuropsychologue est donc d’apporter des donnés chiffrés et standardisés au médecin. Celles ci, plus le regard clinique du professionnel permet de différencier un TDAH d’un autre TND comme le Haut Potentiel Intellectuel (HPI) ou un Trouble du Spectre Autistique (TSA) par exemple. C’est particulièrement pertinent car les mêmes troubles de l’attention peuvent avoir comme origine un Trouble du Stress Post Traumatique (TSPT), Burn out ou encore une dépression caractérisée. En effet, ces autres troubles ont un impact sur les fonctions cognitives que sont la vitesse de traitement et la mémoire de travail, qui sont observés attentivement lors du bilan pour repérer un trouble attentionnel. Malgré que ce soit un test “d’intelligence”, ce n’est pas le fameux Quotient Intellectuel (QI) qui nous intéresse, mais bien les données se qui le composent. Il nous donne une idée du profil de fonctionnement du patient. Et c’est finalement ça le plus important, comprendre comment nous fonctionnons afin de mettre en place des stratégies adaptés et ainsi moins souffrir au quotidien.

Comment se déroule le bilan ?

1 ) Tout commence par le premier rendez vous d’anamnèse, pendant lequel je questionne l’histoire de vie du patient. Son enfance, son adolescence, ses difficultés et facilités. C’est aussi le moment où nous évaluons la pertinence de passer le bilan. Vu que celui ci peut être cher, il est important qu’il soit réalisé quand c’est nécessaire. Si le patient est dans une période de souffrance aiguë, il vaut mieux repousser ce test à plus tard, car les résultats ne seront pas révélateur d’un état de base.
2) Ensuite nous passons le bilan en présentiel exclusivement. Il dure entre 60 et 120 minutes et il est composé de 10 jeux (ou épreuves, si vous aimez les défis). Temps pendant lequel les différentes fonctions cognitives sont évalués. Suite à la passation, le neuropsychologue cote les résultats et les analyse afin de rédiger le bilan. Il compare alors des résultats à la population générale, et les mets en perspectives avec l’histoire de vie.
3) Enfin il y a la restitution avec le neuropsychologue qui délivre le bilan. C’est le moment où j’explique les résultats et donne des recommandations pour la suite. je peux aussi vous conseillez sur les stratégies à dors et déjà mettre en place en fonction de votre profil. Si le bilan ne se révèle pas assez concluant, il affinera au moins la diagnostique. Ce qui nous donnera des pistes pour affiner le diagnostique.

J’espère que cet article réponds à vos questions. Si ce n’est pas le cas, pensez à m’écrire. Ci dessous les sources des informations transmises.
Cet article est informatif, il ne remplace pas une évaluation clinique.

  1. HAS — TDAH : repérage, diagnostic et prise en charge des adultes, note de cadrage (2021) — has-sante.fr

  2. HAS — TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents (23 sept. 2024) — has-sante.fr

  3. Faraone S.V. et al. — The World Federation of ADHD International Consensus Statement: 208 evidence-based conclusions, Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2021;128:789-818

  4. Handiconnect — fiche H74, TDAH : repérage et dépistage chez l'adulte (2024)

  5. OMS — CIM-11

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