Le jeu de rôle thérapeutique

Qu’est ce que j’entends par jeu de rôle exactement ? Est il possible de jouer en thérapie ? Est ce que ça peut marcher ? Je vous explique ça grâce à quelques articles et mon expérience personnelle.

Deux pratiques différentes sous le même nom.

Le jeu de rôle peut être compris sous deux angle quand il est pris dans un contexte thérapeutique. Le premier est le jeu de rôle peut être utilisé comme technique : Lorsque le patient et le thérapeute simulent une interaction en séance pour préparer un changement de comportement à l’extérieur. Comme c’est souvent fait en Techniques Cognitivo Comportementales (TCC) via notamment l’affirmation de sois. Le but est de simuler des situations réelles afin de “s’entrainer” à interagir.

Ou il peut être utilisé comme outil dé médiation : Un groupe de participants joue et incarnent des personnages dans univers plus ou moins fictifs. Il y a des règles du jeu et la présence d’un narrateur clinicien qui régule les échanges et anime l’atelier. L’objectif, la durée, la place du groupe et le rôle du thérapeute sont alors différents. Ce n’est plus une simulation ciblée, mais un espace narratif partagé, comme le décrivent bien Boulay et Roman en 2023. Ces changements se caractérisent par changement est profond car il permet une toute autre implication du participant dans l’activité.

Ce que dit réellement la recherche ?

D’après une méta-analyse (c’est une étude qui fait le lien entre de nombreuses études), les résultats sont encourageants. Même si la grande majorité des études sur le sujet sont avec des petits effectifs, sans groupes contrôle (c’est à dire qu’il n’y a pas un groupe qui suit la même étude en parallèle avec une autre technique thérapeutique, ou sans suivi du tout). C’est malgré tout prometteur car elles montrent des améliorations dans la plupart des cas. Il semble que le lien social et la cohésion de groupe soient des facteurs qui aident les participant à réduire les symptômes de dépression de stress ou d’anxiété. Il y a donc une baisse des souffrance mais aussi parfois des hausses dans l’estime de soi et du sentiment d’efficacité personnelle. Celà est du à la nature même du jeu de rôle qui est d’explorer qui l’on est à travers un rôle fictif. Cela augmente notre confiance et nos compétences relationnellement car le rôle, les règle et le jeu en tant que tel fonctionne comme un bouclier face à nos appréhension initiale. La recherche est donc jeune et prometteuse mais pas conclusive à cette heure.

Ce que le jeu permet de travailler ?

J’ai pu pratiquer le jeu de rôle en thérapie dans des lieux de soins divers. En Psychiatrie adulte civile et militaire libre, en secteur de rééducation et libéral. Ainsi que auprès de plusieurs populations tel que des patients hospitalisés ou non, personnels de santés médecins, thérapeute et paramédicaux. Le jeu offre un cadre que je trouve bien plus détendu qu’un groupe de parole ou qu’un cours de psycho-éducation. Cet aspect ludique ne nuit pas pour autant au potentiel curateur de ce format. En effet j’ai pu assister à de beaux moments de prises de conscience des participants sur leur fonctionnement ou celui des autres. Interagir avec autrui lui donne une distance avec son propre vécu. Qui plus est dans un format de jeu de rôle, où l’on incarne quelqu’un ou quelque chose d’autre. Nous nous permettons alors plus de liberté dans nos propos et “actions” réalisés en jeu et commentaire envers autrui lors de phases de négociation. C’est alors que nous pouvons souvent observer le groupe qui recadre les comportements inadapté d’un participants. Cela a une valeur différente quand cela vient de ses pairs plutôt que d’un thérapeute. Ce n’est donc pas une partie entre ami ni le substitut à un suivi, mais bien un atelier en parallèle d’un suivi quand il est fait à but thérapeutique.

Sources

  1. Arenas D.L., Viduani A., Araujo R.B. — Therapeutic use of role-playing game (RPG) in mental health: a scoping review, Simulation & Gaming, 2022;53(3):285-311

  2. Boulay C. & Roman P. — Le jeu de rôle : une médiation thérapeutique, Bulletin de psychologie, 2023;581(3):197-208

  3. Billieux J. et al. — Can playing Dungeons and Dragons be good for you?, Royal Society Open Science, 2025;12(4):250273

  4. A Study on the Efficacy of the Tabletop Roleplaying Game Dungeons & Dragons for Improving Mental Health and Self-Concepts in a Community Sample, Games for Health Journal, 2024

  5. Rosenblad S.R. et al. — Mastering Your Dragons: Using Tabletop Role-Playing Games in Therapy, Behavioral Sciences, 2025;15(4):441

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